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Portrait d'ergo : Lisa Guillemot et son atelier de promotion de la santé mentale en Maison de Santé Pluriprofessionnelle

17 février 2025
Formations en santé mentale et ergothérapie

Il y a quelques semaines, dans la Newsletter dédiée à la santé mentale en ergothérapie, je présentais Lisa. 

(Pour t'inscrire à la newsletter c'est ici : https://tally.so/forms/w5d4b)

Aujourd'hui, je suis fière de te présenter ses réponses à toutes tes questions sur son projet de promotion de la santé mentale au sein de la Maison de Santé dans laquelle elle travaille en libéral 🤩

Mon objectif est triple :

- T'inspirer grâce à la mise en commun de nos pratiques d'ergo (reproduire ce qui fonctionne, on adore !) 🤩

- T'aider à oser lancer tes propres projets ! (Et mettre de côté ce p'tit coquin de syndrome de l'imposteur !) 😉

- Mettre à l'honneur des ergos qui font bouger les choses en santé mentale (et se sentir moins seuls, connectés entre nous !) 👌

(D'ailleurs, si tu veux me proposer une candidature pour la rubrique “Portrait d'ergo en santé mentale, écris-moi sur ecriresurlafacecachee@gmail.com !)

Très bonne lecture à toi !
 

1. Lisa, peux-tu te présenter et nous dire où tu travailles, avec quel type de public ?

Je suis Lisa ergo depuis 2011, j'ai travaillé beaucoup en ESA. Il y a deux ans j'ai quitté mon poste pour travailler dans un PASA au sein d'un Ehpad et m'installer à temps partiel en libéral. Je travaille auprès d'enfants, d'adultes et de personnes âgées.

 

2. Peux-tu nous raconter comment est née l’idée de cet atelier de promotion de la santé mentale ?

Au sein de la MSP (Maison de Santé Pluri-Professionnelle) avec laquelle je travaille, nous avons réfléchi aux grands thèmes sur lesquels nous souhaitions travailler et sur les besoins de la population de notre territoire.

 

Le sujet de la dépression a été abordé, je me suis inscrite dans ce groupe de travail puisque cela me tenait a cœur (sans savoir dans quoi je me lançais puisqu on partait de zéro!). 
 

C'était fin 2022.

Au sein du groupe il y a une psychologue, une psychomotricienne, une infirmière asalee, une secrétaire médicale et une ergo bien sûr ! 
 

Un infirmier IPA (En Pratiques avancées) du CMP (Centre Médico-Psychologique) est venu pour la dernière séance. 
 

Les médecins ont été consultés pour avis et nous ont orienté des patients.

Ensuite le projet a évolué ! 
 

Nous avons commencé à travailler sur la dépression, puis nous avons appelé le groupe "souffrance psychologique " et pour finir "santé mentale positive"

En effet, plus nous travaillions sur le projet, plus nous nous orientions vers de la prévention.

Personnellement, je m'intéresse de plus en plus à la santé mentale (merci Cassandre pour ton aide d’ailleurs), je suis de plus en plus attentive aux besoins de la population en terme de santé mentale et je l'inclus de plus en plus dans mes accompagnements. 
 

Je me rends compte qu'il y a des besoins énormes !
 

Même pour les enfants qui en début de séances ergo se sentent parfois "déprimés", "angoissés " (!!!) 
 

Cela m'alerte !

 

3. Quel était l’objectif principal de l’atelier et à qui s’adressait-il ?

Depuis la COVID on parle beaucoup de la santé des jeunes, des jeunes adultes (entre autres). 
 

C'est vers cette population que nous souhaitions nous tourner. 
 

Mais comment y avoir accès ? 
 

Pas facile !
Nous avons décidé d'ouvrir nos ateliers à tout le monde, pour la première session.

Nous souhaitions que les personnes participant à ces ateliers puissent se sentir compris, entendus, qu'ils puissent échanger sans tabou avec d'autres personnes sur le thème de la santé mentale, partager des astuces
 

Nous souhaitions aussi leur donner des billes pour les aider à ce niveau là, et aussi qu'ils sachent vers quel pro de santé se tourner quand ça ne va pas, savoir à quel moment il faut consulter.
Mieux reconnaître leur émotions, leurs ressources, évaluer leurs besoins...

Il y avait cinq ateliers et nous allons en proposer un sixième sur demande des participants.

 

4. Comment as-tu structuré l’atelier pour répondre aux besoins des participants ?

Nous avons abordé leur représentations sur la santé mentale avec un photo langage (activité thérapeutique avec des images permettant à chacun de mettre des mots sur des concepts ou des émotions floues), 
 

nous avons évoqué le lien corps/esprit, l'impact de l'humeur sur les activités de la vie quotidienne, l'équilibreoccupationnel, les ressources internes et externe
 

Le dernier atelier avait pour thème "Que faire si la souffrance dure ?"


J'ai utilisé un questionnaire sur l'équilibre occupationnel et sinon nous avons beaucoup utilisé les techniques de l'éducation thérapeutique. 
La roue des émotions nous a servi à chaque séance (merci Cassandre de me l'avoir fait connaître) au début de séance, et à la fin de chaque séance.
Nous avons créé des questionnaires de satisfaction et de qualité de vie, que les participants ont rempli au premier atelier et au dernier.

 

5. Quelles ont été les réactions des participants ?

Un des participant nous a dit que ce qui était dit dans l'atelier allait "au delà des mots", un autre nous a dit que sa voisine lui avait fait remarqué qu'il allait mieux depuis qu'il venait aux ateliers, une autre consulte un psychologue : "les ateliers lui ont permis ce déclic" (Ce sont ses mots)


Une personne est suivie par le CMP depuis les ateliers


Ils ont apprécié le fait de pouvoir se livrer, d'être avec des gens qui vive les mêmes difficultés qu'eux, d'être entendus
 

6. As-tu rencontré des difficultés ou des freins en mettant en place cet atelier ?
 

Le premier atelier a été très intense, il y avait 13 personnes. Certains se sont beaucoup livrés sur leur soucis personnels et cela a fait peur à d'autres.
 

Cela demande du travail puisque c'était la première session !

👉 Coordination

👉 Renvoyer des SMS aux gens

👉 Trouver une salle

👉 Gérer la réservation

👉 Créer les séances les questionnaires réunion entre membres du groupe 

👉 Gérer les inscriptions 

👉 Etc !!

On a eu du mal à trouver des bénéficiaires au début, puis ça s'est bousculé au portillon
 

On a une liste d'attente maintenant !

Mais c'était long à mettre en place...! 
 

Et difficile de se coordonner avec tout le monde, de s'accorder.
 

7. Comment as-tu surmonté ces obstacles ?
 

👉 J'ai échangé par téléphone avec les personnes qui n'ont pas voulu revenir. 
👉 Jem'organisais en avance pour préparer les ateliers, mise en place de rappel pour renvoi de SMS au groupe (SMS que je programmais)..
👉 Nous avons beaucoup communiqué (stand sur le marché de la commune durant la SISM (Semaines d'Informations sur la Santé Mentale), distribution de flyers....) autour des ateliers pour informer la population 

Ces ateliers, on aurait pu les travailler, encore et encore... mais à un moment il faut se lancer !! 

Une fois qu'ils sont réalisés on a matière à les modifier si besoin.

👉 J'ai eu besoin d'échanger avec mes collègues et avec des personnes extérieures aux ateliers. 

En libéral on est parfois seul, c'est important d'oser contacter les personnes ressources autour de nous.
Nous avons fait deux réunions au cours du cycle pour échanger entre nous.
 

8. Qu’as-tu appris en animant cet atelier ?

J'ai appris à oser et à me faire encore plus confiance

Je me dis que les gens ont tellement besoin d'ergo !!

Et tellement besoin qu'on les aide à prendre soin de leur santé mentale.
 

Ça m'a donné envie de parler encore plus de mon métier, d'accompagner un public plus large en santé mentale.

👉 Après les ateliers, je me sentais accomplie et je satisfaisais mon besoin de réalisation. 
 

C'était très satisfaisant.

 

9. Quels conseils donnerais-tu à un·e ergothérapeute qui aimerait proposer un atelier similaire, mais qui hésite ?

👉 S'entourer, ne pas hésiter à aller vers les autres pros pour des conseils, des avis...
👉 S'il y a plusieurs ateliers c'est important qu'une personne fasse le lien entre deux ateliers à chaque fois.

👉 Ne pas hésiter à déléguer 
👉 Définirlerôle de chaque pro en amont 
👉 Avoir du temps bloqué dans son agenda pour le projet et se sentir disponible dans sa tête pour le faire.


 

10. Après cette expérience, as-tu envie de continuer à développer des actions en santé mentale ?

Oh que oui!!! 

J'aimerais développer des actions auprès des enfants, des ados, des parents, des personnes âgées bref... tout le monde !

Animer une réunion sur la santé mentale (en avril). 
J'aimerais proposer des ateliers de médiation, me mettre en lien avec l'association de parents proche de chez moi pour mener des actions communes, présenter l'ergo en santé mentale aux collègues de la MSP, proposer des actions pour la SISM (Semaines d'information sur la Santé Mentale)....
 

11. Si tu devais résumer cette expérience en une phrase, quelle serait-elle ?

👉 Plus je fais de l'ergo, plus il a une phrase qui me trotte dans la tête : "L'ergothérapie c'est la vie"! 
Alors, c'est vrai non ??

 

Merci infiniment à Lisa pour cet échange tellement inspirant : on sent dans tes propos que cette action faisait sens pour toi et les personnes accompagnées 😍
 

Cher-e collègue ergothérapeute, si toi aussi tu veux lancer tes projets de promotion de la santé mentale, prends confiance en toi,informe-toi, forme-toi !

Les gens ont besoin de toi ! ☺️

 

N'hésite pas à me contacter pour en parler, et bien sûr abonne-toi à la Newsletter en cliquant sur ce lien : https://tally.so/forms/w5d4bN

à très vite, Cassandre 🤩

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